Glenfiddich en Écosse

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Quand on dit Écosse, on pense à ? Kilt, ok. Bière, ok. Mauvais temps, ok. Mais surtout, whisky ! Ce pays, plus exactement le Nord de ce pays, est la capitale mondiale de ce produit habituellement consommé par les hommes – le cliché des séries anglaises et américaines. Mais les femmes sont en train de les rattraper. Je partais de très loin et c’est comme tout, il suffit d’être éduquée pour évoluer dans chaque domaine ;)

Avant de commencer ce programme d’un an, j’avais précisé que le whisky c’était pas trop ça, tant par rapport au goût que par rapport à la culture. On m’a répondu : avec cette marque 100% écossaise on devrait réussi à te faire changer d’avis. Pour les personnes trop curieuses, la réponse est en bas. Mais avant, j’avais envie de vous parler – un peu – de notre voyage à Dufftown mais surtout – pour une fois – d’étaler ma culture sur ce produit !

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Un peu d’histoire écossaise

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En 1886 c’est la naissance de Glenfiddich par William Grant. Il était convaincu qu’il y avait un produit d’exception à créer dans sa vallée. Il construit alors sa distillerie. 750 000 pierres ont été arrachées par ses propres mains pour la bâtir. Au total, 371 jours de travail. Va demander à quelqu’un dans le bâtiment de faire ça aujourd’hui par sûr que ça soit dans les temps haha. Outre cette plaisanterie, ça prouve encore une fois qu’en croyant en ses rêves on les atteint !

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En 1887, il est aidé par ses 7 fils et 2 filles. C’est alors que la distillerie ouvre. Et le 25 décembre 1887, les premières gouttes de ce breuvage tombent. De quelle source parle-t-on ? La Source Robbie Dhu – personnellement il aurait pu appeler le whisky du même nom je suis complètement fan. Cette source est 100% pure et pour qu’elle le reste, William achète 500 hectares de terrain. C’est alors qu’il va continuer de tout créer de ses propres mains pour que tout soit unique chez Glenfiddich.

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Les alambiques en cuivre sont faits à la main et chauffés à la flamme. Il va y avoir plein d’anecdotes stupides mais je pensais que les alambiques ressemblaient à de grands béchers mais en réalité ce sont des pièces de 4-5 mètres de hauteur avec un diamètre de 2 mètres. Vous pouvez imaginer ma tête quand j’ai vu à quoi ça ressemblait en vrai et surtout la réflexion que je me suis faite en mode : en même temps je me disais que ça prendrait trop de temps avec mon histoire de béchers haha.

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En 1909, Charles Gordon a fait un périple d’un an pour faire découvrir ce whisky au monde entier. Aujourd’hui il est vendu dans 180 pays. La plupart des artisans travaillent depuis plus de 40 ans dans cette distillerie. Depuis 1887, la philosophie du fondateur n’a pas changé. Elle comprend quatre ingrédients : garder la source Robbie Dhu 100% pure, construire les alambiques en cuivre, faire les fûts à la main et être patient. Aucun fût de moins de 12 ans ne sort de cette distillerie ! D’ailleurs l’âge indiqué est l’âge le plus jeune dans la bouteille. Donc vous ne pouvez pas avoir du moins de 12 ans dans votre bouteille (contrairement au rhum).

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Enfin, la bouteille est triangulaire car elle représente la trinité écossaise (et aussi elle ne glisse pas sous le lit si elle nous échappe des mains…). Et pourquoi Glenfiddich ? Parce que Glen = Vallée et Fiddich = Cerf. D’où la Vallée du Cerf. Et beaucoup de villages s’appellent Glen XXX aussi.

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Les étapes de la création

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On va parler un peu technique, et certains mots vont vous sembler bizarres voir inconnus mais j’ai posé toutes les questions, donc normalement je suis incollable. Comme par exemple les fûts ce sont les tonneaux dans lesquels sont conservés le whisky pendant 12, 15, 18 ou plus. A ne pas confondre avec les cuves qui ont une contenance bien plus grande. C’est entre 7 000 et 8 000 litres pour les Cuves Mariage.

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La base du whisky : de l’orge, de l’eau, de la levure. Pour moi, j’ai compté 5 grandes étapes – 6 si vous comptez la dégustation. J’ai essayé de vous prendre un maximum de photos mais certaines parties sont confidentielles comme l’organisation des chais où pour des questions de sécurité comme les alambiques pouvant exploser au contact d’un flash de photo. Et oui, en Écosse, même si les hommes portent des jupes, ils ne déconnent pas sur la sécurité ! C’est parti pour les étapes.

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1/ Le Maltage : l’orge va être ramassé puis il va arriver au repos à la distillerie – livraison la nuit. Il va falloir « l’activer » pour qu’il puisse donner ce que l’on souhaite à savoir de l’orge malté. Pour ça, il va germer en restant 8 jours sur un kiln pour extraire du sucre. Puis on va mettre cet orge malté sucré dans du charbon pour ensuite les broyer ensemble et être mis en cuve.

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2/ Le Brassage : le christ (mélange de l’orge malté et du charbon) va être mis dans des cuves pour rajouter de l’eau à différents degrés. Ça dure 4-5 heures pour récupérer de l’eau chaude sucrée à 65 degrés. Et après, elle va être filtrée. Il va alors rester des coques qui vont être vendus pour nourrir le bétail. Cette eau va être refroidie car si les levures sont insérées directement elles sont brûlées.

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3/ La Fermentation : les cuves sont des Washbacks car toujours en bois. Il y en a 32 dans cette distillerie. Elles font 5 mètres de hauteur. Dans ces cuves il y a donc maintenant le christ + l’eau. Il faut rajouter la levure de brasseur à un ratio de 1/238. Elle va s’activer. 72 heures de fermentation, avec une eau à 18,5 degrés au début puis jusqu’à 35 degrés grâce à la levure qui va réagir et qui va créer de la mousse. Une hélice est à l’intérieur pour éviter les débordements. Chaque levure et chaque durée de fermentation sont propres à chaque distillerie. Ces cuves de fermentation ont une durée de vie entre 30 et 50 ans.

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4/ La Distillation : c’est cette étape qui va faire la différence entre la bière et le whisky. Car jusque là, on a créé de la bière avec ce processus. Et pour que ça devienne du whisky, des alambiques en cuivre sont chauffés par une flamme naturelle. La première distillation est faite dans des Washstills. Le résultat va alors être de l’alcool à 25 degrés que l’on appelle un Low Wine. Puis vient la deuxième distillation faite dans des Spiritstills. Chaque distillerie crée ses propres alambiques avec la forme qu’elle souhaite. Chez Glenfiddich, ils sont crées avec la tête à 90 degrés d’alcool, puis il y a le coeur à 70 degrés (celui que l’on va garder) et les queues que l’on va garder pour les remélanger a des Low Wine. Il faut compter environ 4 heures pour cette étape. Avant de mettre le distillat dans les fûts, on les fait descendre à 63 degrés.

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5/ La Mise en Fût : Monsieur Macdonald travaille depuis 50 ans pour la maison. Il crée les fûts à la main. Aujourd’hui, il y a 11 tonneliers avec 5 ans d’apprentissage. Les fûts représentent 80% du goût du whisky Glenfiddich. Il y a des fûts de Bourbon qui vont être brûlés pour que l’alcool adhère bien, des fûts de Porto, des fûts de Xérès. C’est entre 400 et 4000 euros le fût vide. Il n’y a pas de clou, seul le cerclage tient le bois et les roseaux vont remplacer les clous et servir de joint pour éviter les fuites. Les fûts ont une duré de vie de 50 ans en moyenne. La maturation va de 12 à 60 ans ! Et certainement un jour un 80 ans d’âge, le premier au monde ! Il y a un vrai cahier des charges avec beaucoup de contraintes. J’en ai retenue une : les fûts doivent être en chêne et pas en pin ou autre, sinon ils n’ont pas l’appellation Scotch. Et sachez qu’aucun fût ne quitte Dufftown sans avoir atteint au moins 12 ans d’âge !

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On boit un petit coup ?

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On a eu la chance de déguster 6 whiskys différents lors de ce moment privilégié ! Ha d’ailleurs avant, je tiens une pépite ! On a eu le droit de choisir entre 4 tonneaux dans le chai, l’un des whiskys qui est en train d’être créé pour être du Cask. Un Cask c’est quoi ? C’est lorsque le whisky vient uniquement de cette distillerie et est transvasé directement du fût à la bouteille. J’ai choisi celui de 1998 en référence à ma sœur, qui sait peut-être qu’un jour ça va valoir plusieurs milliers d’euros hihi. D’ailleurs, est-ce que tout le monde sait ce que fait le maître de chais ?

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C’est comme pour le vin ! Sans maître de chais, pas de vin, pas de whisky. Tout se fait au nez – et même pas au goût ! En sentant, il sait si le fût va vieillir 12, 15, 21 ou 50 ans. Il sait aussi s’il va s’agir d’un Single Malt ou du Cask (il existe aussi du Blend mais Glenfiddich n’en fait pas). Tout ça seulement au bout de 3 ans. Il y a aussi la Part des Anges à prendre en compte, à savoir que l’alcool s’évapore à hauteur de 2% par an, donc forcément plus ilvieillit, plus il va être cher, car moins il y aura de produit ;) #logique

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1/ Le Glenfiddich 12 ans : Single Malt

Single Malt c’est quoi ? C’est lorsque le whisky provient d’un fût de Bourbon et d’un fût de Xérès, le plus courant chez Glenfiddich. Mais de manière générale c’est quand deux fûts n’ayant pas la même origine sont mélangés. A ne pas confondre avec le Blend ! Dans ce cas, ce sont des fûts de différentes distilleries, donc différentes marques. C’est comme ça que Glenfiddich a commencé par vendre son whisky d’ailleurs !

Dans celui-ci on va retrouver des notes de vanille qui proviennent du fût de Bourbon – environ 70% – et des notes de poires, de fruits compotés du fût de Xeres – environ 30%. Il fait 40 degrés et 14 millions de bouteilles sont vendus dans le monde par an.

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2/ Le Glenfiddich IPA 12 ans

L’IPA c’est quoi ? C’est Indian Pale Ale. Autrement dit, Glenfiddich a fait un partenariat avec un brasseur écossais qui fabrique de la bière IPA mise dans des fûts. C’est un procédé créé au 18ème siècle pour donner un côté houblonné et agrumé au produit. Vous l’aurez donc compris, c’est l’un de mes favoris ! Chez Glenfiddich, ce whisky est mis 6 mois dans un fût de bière IPA pour avoir la même appellation. C’est un whisky à 43 degrés.

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3/ Le Glenfiddich 15 ans Solera

Solera c’est quoi ? Ce sont 3 types de fûts assemblés dans une cuve : uniquement du 15 ans d’âge ! La cuve n’est jamais vidée entièrement. Tous les 3-4 mois on y rajoute des nouveaux fûts. De toute façon la cuve fait 11 500 litres donc il ne peut plus vieillir. 7 millions de bouteilles Glenfiddich Solera sont vendues par an ! C’est un whisky à 40 degrés avec des notes d’amandes et de chocolat.

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4/ Glenfiddich Project XX

Les 20 Brand Ambassadors mondiaux ont choisi 6 fûts sur 3 500. Et à la fin il y a un seul fût choisi par chacun. Au total 17 fûts de Bourbon, 2 fûts de Vin de Xérès, 1 fût de Porto d’années différentes entre 14 et 19 ans. C’est le whisky le plus élevé que j’ai goûté car il fait 47 degrés. Je trouve que l’idée de ce whisky est géniale, encore une fois Glenfiddich tient à montrer que chaque employé compte !

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5/ Glenfiddich 21 ans Rhum Finish

Il a été élaboré en 2001. Avant c’était le Havana Reserve. Le vieillissement est de 21 ans dans des fûts de Bourbon puis 3 mois dans des fûts de Rhum. Les fûts de Rhum viennent du maître de chais qui va assembler plusieurs rhums pour créer son propre fût de rhum. Il fait 40 degrés. Il est vraiment délicieux. Les yeux fermés ona même l’impression de boire du rhum.

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Un nouveau pays au compteur

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C’était une première fois pour moi en Écosse ! Certaines personnes du voyage étaient déjà allées à Édimbourg (là où est né Sean Connery hihi) mais apparemment ce n’est pas du tout pareil. Je suis partie sans vraiment savoir où j’allais. Mais en fait on était au niveau du Sud de la Norvège, donc ouai il faisait froid, mais c’était trop cool. Ce n’est pas le froid parisien humide mêlé à la pollution. L’air est pur et ça fait du bien ! On a même été accueillis avec de la neige. Mes premiers flocons pour cette année.

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Ensuite, on a dormi dans le chalet réservé aux VIP ! Il est incroyable. Il y a 4 chambres à l’étage, moi j’en avais une avec baignoire et il y en a une avec terrasse. Tout est cosy, la literie est dingue on a l’impression d’être dans un nuage. Tout est en pierre et en bois, c’est ce que j’aimerais avoir. Et vous avez aussi je crois deux chambres au rez-de-chaussée avec des fenêtres ouvrant sur le jardin. Et bien sûr, une salle à manger avec une table sublime, un salon, une salle de billard etc.

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La première journée nous l’avons passé à visiter la distillerie, la plus grosse partie de mon article. Et la seconde journée, nous sommes allés visiter des boutiques de cachemire, balade dans une forêt au-dessus d’une rivière mais aussi découverte du Dunnottar Castle à Aberdeen où la vue est à couper le souffle avec l’eau, l’herbe et un vieux château en ruine, un vrai spot pour faire des photos et du drône. Et il était déjà l’heure de rentrer à Paris

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Pour terminer avec une petite anecdote qui deviendra peut-être grande… Tout dépend jusqu’à quand mon blog sera en ligne sur Google. Mais un fût à été enterré il y a 2 ans, pour tenter de créer un 100 ans d’âge. Malheureusement on ne sera pas là pour le goûter celui-ci, mais si nous sommes en 2116 et que vous êtes en train de lire cet article, vous pouvez vous rendre là-bas et nous dire si l’exploit a été réalisé ! Une première mondiale encore une fois pour Glenfiddich.

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